La brucellose canine, causée par la bactérie Brucella canis, est une maladie hautement contagieuse entre chiens. La transmission se fait principalement par voie orale, via des fluides corporels infectés tels que le sperme, l’urine ou encore les écoulements vulvaires observés lors de l’œstrus, de la mise bas ou des avortements. Par conséquent, une vigilance accrue est essentielle pour limiter la propagation.
Bien que le risque de transmission à l’humain reste faible, cette zoonose mérite une attention particulière. Depuis 1960, seulement une quarantaine de cas ont été rapportés. Aux États-Unis, la brucellose canine est classée parmi les maladies à déclaration obligatoire.
Quels sont les signes cliniques ?
Chez les femelles infectées, le symptôme le plus caractéristique est un avortement spontané. Celui-ci survient généralement entre le 45ᵉ et le 55ᵉ jour de gestation. D’autres signes, bien que moins fréquents, incluent des pertes vulvaires purulentes persistantes. En outre, la naissance de chiots mort-nés ou très faibles peut également être observée.
Chez les mâles, l’infection se manifeste souvent par une épididymite, une inflammation de l’épididyme. Lors d’une infection récente, des douleurs à la palpation du scrotum ou des lésions cutanées dans cette région peuvent apparaître. Dans les cas chroniques, une atrophie testiculaire et une qualité de sperme altérée sont fréquentes. En résumé, l’infertilité est une conséquence commune pour les deux sexes.
Un diagnostic complexe

La brucellose canine est difficile à diagnostiquer, car la bactérie pénètre dans les cellules de l’hôte. Le test d’immunodiffusion sur gel agar (AGID) est actuellement le plus spécifique. Cependant, pour confirmer une suspicion élevée, trois tests espacés d’un mois sont nécessaires. Si les trois tests sont négatifs, l’animal peut être considéré non infecté. Ainsi, une approche rigoureuse est indispensable.
Quelles solutions pour gérer la maladie ?
La brucellose canine est malheureusement incurable. Les objectifs principaux du traitement sont de limiter la propagation de la maladie et de ralentir sa progression chez l’animal infecté.
- Stérilisation
La castration ou l’ovariohystérectomie réduit l’excrétion bactérienne. Cependant, l’animal restera porteur à vie. - Antibiothérapie
Aucun antibiotique n’est efficace à 100 %. Même après un ou plusieurs traitements, l’animal doit être considéré comme infecté. - Mesures de précaution
Les chiens porteurs ne doivent pas être en contact avec des personnes immunodéprimées ou à risque. Ainsi, une gestion responsable est essentielle. - Gestion des élevages
Dans les élevages contaminés, il est impératif de tester l’ensemble des animaux. Les individus positifs doivent être adoptés sous conditions ou euthanasiés. Par la suite, les nouveaux reproducteurs doivent être mis en quarantaine pendant 8 à 12 semaines et testés avant leur intégration. Pour prévenir toute contamination future, un dépistage régulier des femelles et mâles reproducteurs est recommandé tous les 3 à 6 mois via un test d’agglutination rapide (RSAT).
En conclusion
La brucellose canine est une maladie complexe et contagieuse qui nécessite une vigilance constante. Une gestion proactive, combinée à des mesures de prévention strictes, permet de limiter son impact sur les animaux et leur entourage.